HAMMAM LIF FORMATION ET MUTATIONS D'UNE VILLE BALNEAIRE ET THERMALE
ISBN : 9789909980897
Au sud de Tunis, Hammam-Lif incarne l’histoire d’une cité singulière, née d’un héritage beylical et transformée par la modernité coloniale. Station thermale et balnéaire emblématique du tournant du XXe siècle, elle fut aussi un carrefour de populations, un lieu de villégiature, de mémoire et de brassage culturel.
Cet ouvrage collectif retrace avec rigueur et sensibilité les grandes étapes de la transformation de la ville, de ses origines antiques à son développement sous le protectorat, jusqu’aux bouleversements contemporains.
S’appuyant sur des approches pluridisciplinaires — histoire, géographie, urbanisme, sociologie, architecture — les auteurs dressent le portrait d’une ville profondément marquée par les mutations du territoire, les déséquilibres de la gouvernance, mais aussi par la vitalité de ses habitants.
Hammam-Lif, autrefois symbole de modernité et de cosmopolitisme, se révèle ici comme un observatoire exemplaire des dynamiques urbaines tunisiennes : entre décadence balnéaire, urbanisation rapide, perte de repères et aspirations renouvelées.
Illustré de récits, de cartes, d’archives et de témoignages, ce livre est une plongée dans l’épaisseur d’une ville oubliée mais vivante, une invitation à penser autrement l’histoire et l’avenir des périphéries tunisiennes.
FERYEL LAKHDHAR
Délicat, nuageux, poudré, couleur du temps, le livre de Feryel—il s’appelle tout simplement Feryel—est un bel objet que l’on caresse avant de l’ouvrir. La couleur de couverture adoptée donne le ton. Un blanc sourd, moelleux, fruit d’une longue alchimie, avec trois gouttes d’or et une goutte de noir, jusqu’à obtenir la tonalité désirée. Livre d’art, bien sûr, mais pas comme les autres.
«Un journal, en fait», avoue l’artiste, «C’est comme si j’ouvrais mon atelier et ma tête. Il m’a semblé honnête de me pencher sur la question qui m’a souvent été posée depuis mes débuts : que voulez-vous dire à travers vos œuvres ?»
C’est donc aussi pour elle l’occasion de faire le point sur elle- même. Par des textes d’une délicate poésie qui accompagnent les illustrations, elle décortique son approche de l’art, son rapport à la peinture. A mi-voix, dans une conversation feutrée avec le lecteur, l’artiste arpente des temps différents : le sien et celui des autres, le temps du hasard, celui de la règle, le temps de l’oubli, un temps circulaire, en spirale qui revient sur lui-même, reprend là où il s’était autrefois arrêté, ré-initie un mouvement interrompu, complète un geste inachevé. Nous sommes là en dehors de toute chronologie classique d’un journal : Feryel fonctionne par analogies, associations, recherche d’une cohérence. Cette recherche du temps idéal devient obsessionnelle.
«Parfois, il me semble être très en retard dans mon travail, d’autres fois extrêmement en avance. Toujours en quête du temps idéal, celui dans lequel on aimerait s’installer».
Ce livre, confiera-t-elle, est pour ceux qui n’ont pas peur du silence. L’iconographie suit le mouvement. Les œuvres de l’artiste s’étalent sur une quarantaine d’années, sans que cela soit pour autant un répertoire codifié.
«C’est un livre d’images qui tente de raconter un monde où les mots arrivent derniers».
On retrouve, dans le désordre—, mais est-ce vraiment un désordre plutôt qu’un autre ordre ?—les différentes tendances et tentations de Feryel. Celle-ci étant connue pour être toujours ouverte aux inspirations nouvelles, curieuse d’arpenter des sentiers inédits, soucieuse de tenter des expériences originales.
Les techniques sont multiples, crayon, sépia, aquarelles, acrylique, sculptures, textiles, collages…
Mais il faut avant tout signaler le magnifique rendu de ce livre : qualité des photos, fidélité de l’impression, fluidité de la maquette, élégance de l’habillage.
Un très bel objet qui rend hommage à une grande artiste.